Recherche Bay numéro 74 - 08/09/2021

L'or surperforme l'obligataire

Coup de projecteur cette semaine sur l’analyse graphique de l’or:

L’or a stoppé son impulsion haussière en Aout 2020 et entamé ensuite une période de consolidation qu’il a tenté de percer en Février 2021 sans grand succès.

En Mars, l’or est venu tester son support haussier long terme à deux reprises sans le percer.

En Mai, l’or a finalement terminé sa longue phase de consolidation avec un breakout significatif et validé. Ce breakout a été retesté cet été à deux reprises comme c’est souvent le cas. Le deuxième test de ce breakout a enfoncé le support long terme et a même dessiné un faux break down qui a piégé des spéculateurs shorts.

L’or est aujourd’hui au niveau de sa ligne de hausse long terme.

Voici en détail l’illustration de ce qui s’est passé ces derniers mois:

Le dernier faux breakdown s’est déroulé sur une divergence négative qui freine à présent tout repli plus significatif des cours de l’or.

Si l’on regarde les positions sur le marché des futures, on remarque que pas mal de commerciaux ont fermé leurs positions vendeuses, au contraire les spéculateurs sont assez vendeurs, ce qui est un signe assez haussier pour la suite.

Si l’on regarde désormais le comportement de l’or par rapport aux taux américains, l’été 2019 avait vu un breakout de l’or par rapport au 10 ans, ce qui avait propulsé l’or dans sa nouvelle phase de hausse. Ce trend haussier a été testé à deux reprises, le dernier tes de cet été a été très bref et a produit un croisement significatif MACD haussier.

Sur un plan plus large, on remarque que les deux derniers tests de breakout en 2001 et 2002 ont amorcé le dernier bull market de l’or. Est-ce que l’histoire va se répéter? Dans ce cas, il faudra surveiller le prochain test de ce breakout dans les prochaines semaines.

L’or offre un bien meilleur rendement que l’obligataire depuis le début du siècle, c’est cette surperformance qui a amené l’or dans sa phase haussière de 2002-2010, les banques centrales étaient intervenues en 2010 pour casser ce cycle mais nous avons démarré un deuxième cycle de surperformance de l’or par rapport au marché obligataire. L’or continue à rapporter plus que les emprunts d’état, graphiquement, cette tendance risque même de s’accélérer dès le prochain test du breakout de 2020.

Les minières ont quant à elles raté leur décollage en 2020 et continuent de venir tester leur support de consolidation baissier par rapport à l’or, tendance qui dure désormais depuis plus de 13 ans! Les minières n’ont jamais été aussi peu chères par rapport à l’or.

Les sociétés qui sont en phase de développement sont les plus punies par le marché. Même si les profits de ces sociétés n’ont jamais été aussi bons (les résultats nets ont même triplé en moyenne lorsqu’on regarde les 25 premières sociétés qui composent l’indice GDXJ), le manque de performance de l’or par rapport aux matières premières commence à peser sur leurs prévisions, les coûts d’exploitation s’envolent. Les métaux industriels ont des augmentations annuelles à deux chiffres, les CAPEX de développements de mines subissent en moyenne des augmentations de près de 20% par rapport aux prévisions de l’an dernier.

Le marché sanctionne ce secteur tout particulièrement, qui se retrouve à des niveaux tellement bas qu’une simple poursuite de la hausse de l’or risque de catapulter ces titres dans les prochains mois. C’est le résultat de la désaffection du secteur depuis 10 ans, les capitalisations sont à des niveaux très bas et la volatilité risque d’être encore plus extrême.

Les coûts de développement augmentent.

L’aluminium par exemple est en hausse continue sans interruption depuis 15 mois:

le prix de l’acier s’est envolé de plus de $200 par tonne en deux mois (dépassant $650 cette semaine)

Les matières premières sont en hausse, les coûts de transport continuent aussi leur ascension ininterrompue.

Le prix de transport de véhicules a été multiplié par trois en un an:

Ces chiffres vont désormais se répercuter dans les prévisions d’inflations des produits manufacturés et la hausse affectera aussi cet automne le prix payé par les consommateurs.

Ces hausses commencent à avoir un effet problématique en Chine où l’activité manufacturière retourne en contraction cet été.

Les marchés ne semblent pas concernés par ces risques de contraction économique liés à la hausse des prix.

La seule chose qui compte finalement c’est la confiance des investisseurs dans la capacité de la Fed à soutenir ces marchés à ces niveaux stratosphériques.

Robert Kaplan qui est au bureau de la Fed a engendré l’an dernier des millions de bénéfices dans ses activités de trading d’après les déclarations légales de sa banque.

Mais R. Kaplan n’est pas le seul à être à la fois bénéficiaire et décideur.

Ceux qui dirigent la politique monétaire du pays sont personnellement intéressés aux performances du marché… Ce qui aurait pu passer il y a quelques années comme un délit d’initié et un conflit d’intérêt est plutôt salué aujourd’hui comme un acte encourageant pour la bourse. Le sentiment qui prévaut est le suivant: on se dit que rien ne peut arriver au marché si ceux qui font marcher la planche à billet ont beaucoup à perdre personnellement si les marchés corrigent trop. Et quoiqu’on pense de la situation, il y a trop d’argent à perdre en ne profitant pas à cette hausse historique. C’est sans doute précisément ce sentiment qui alimente aujourd’hui cette bulle des marchés.

Laurent Maurel,

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